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La chronique du mois de Christophe : Les Jeux sont faits

Tous les mois, Christophe Sevessand prend sa plume. Découvrez aujourd'hui la sixième chronique du fin commentateur des épreuves de ski, de rollerski et de biathlon en France, qui a commenté en français les épreuves de biathlon à Vancouver.

Les Jeux Olympiques de Vancouver sont terminés. Il faudra attendre quatre ans et un demi-tour de globe pour se retrouver du côté de Sotchi en Russie.

Depuis ma mission de commentateur du biathlon, j'avais une vue intérieure et globale sur l'organisation. Une vue à la fois grandiose mais frustrante. Grandiose car j'ai pu découvrir, voir et apprendre énormément de choses comme faire beaucoup de rencontres. Ce qui est fort intéressant en terme d'apprentissage et de savoir-faire pour l'avenir. Frustrant car très concentré sur mon travail, j'en ai sans doute perdu une partie de l'émotion et de la magie des Jeux Olympiques qui m'avait tant marqués à Albertville en 1992. 

Tour d'abord, j'ai été  marqué par la glisse des équipes de France nordique. Comme je l'ai dit dès les premiers jours de compétition : "La France a les skis les plus rapides du Parc Olympique de Whistler". Médaille d'Or et Champions Olympiques de la glisse : les techniciens de l'équipe de France ! C'est une victoire des hommes de l'ombre. Une victoire très importante -certainement la plus importante- qui fera date. 

Puis, j'ai pu assister à la course de ski de fond la plus tactique de l'histoire : la poursuite masculine avec une stratégie suédoise impeccable. Un scénario appliqué  à la lettre par les hommes en blanc pour faire tomber le diable rouge de Northug. Le ski de fond devra beaucoup s'en inspirer à l'avenir pour faire éclore une dimension tactique jusqu'ici trop peu développée. Une dimension tactique qui pourrait apporter un suspense complémentaire et supplémentaire à celui du chronomètre. 

Avec cela, j'ajouterai que les compétitions olympiques sont des moments spéciaux où il faut que l'athlète apprenne à ne pas trop gamberger, à l'image des Suisses DEFAGO et JANKA, des Américain(es) MILLER, VONN et MANCUSO, des Norvégiens NORTHUG, BJOERGEN et SVINDAL, de l'Italien RAZZOLI ou encore de nos biathlètes tricolores. Et ces derniers savent bien que dès que l'on cogite en biathlon, les balles tournent autour du rond noir que l'on essaye justement de toucher ... 

Ensuite, je n'écrirai pas ces lignes sans féliciter nos médailles. Mais je voudrais surtout fêter Vincent VITTOZ. 4 Jeux Olympiques, 7 victoires et 21 podiums en coupe du monde, 7 fois dans les 10 premiers (4, 5, 6, 7, 8 et 9ème) aux Jeux Olympiques et Champion du Monde 2005. N'oublions pas de le présenter par ce qu'il est ... le plus GRAND skieur de fond français ! 

Enfin, au-dessus de tout, je retiendrai 15 jours de grosse ambiance et de fête. Des rues qui ne se désemplissent jamais, des bars inaccessibles et incroyablement chauffés par des spectateurs bruyants. Des gens heureux de se rencontrer. Des sourires, des paroles, des accolades, des drapeaux, des encouragements, des poignées de mains, ... Et n'est-ce pas cela la plus grande force de l'olympisme : rassembler dans la paix, la joie et l'harmonie des nations et des peuples, faire se rencontrer des hommes et des femmes sans aucun a priori ?  

A très vite !

La chronique du mois de Christophe : L'insouciance de la jeunesse vs l'expérience des anciens

La chronique de ChristopheTous les mois, Christophe Sevessand prend sa plume. Découvrez aujourd'hui la quatrième chronique du fin commentateur des épreuves de ski, de rollerski et de biathlon en France, qui sera à Vancouver en février prochain pour commenter les épreuves de biathlon des Jeux.


La performance de Vincent Vittoz sur l'ouverture de la coupe du monde de ski de fond nous a rappelé combien "Toz" est un grand champion. En frappant à la première porte de la saison, il a ramené sur le podium sa frimousse de trentenaire gavée d'expérience et rusée tel le renard.

En plaçant une accélération dont lui seul a (non pas le secret) mais les capacités (et croyez-moi, c'est différent !), Petter Northug annonce dès le premier relais et sur l'individuelle classique qu'il faut compter sur la jeune génération. Celle qui ne se pose pas de questions, qui fonce, qui renverse l'establishment. La jeunesse de l'insouciance !

Insouciance VS Expérience ... Insouciance ... Expérience ... iance, ience, ence ... Répond l'écho de la montagne !

Il est impossible de prédire quoi que ce soit sur l'hiver qui débute. Pourtant, en cette saison olympique, les expérimentés vont poser leurs derniers atouts. A moins que les "insouciants" n'en décident autrement ...

En cette année olympique, on a un peu l'impression qu'un plan de départ volontaire en retraite est en préparation pour la fin de saison ! Ce plan propose aux "expérimentés" d'apposer leur signature dans le grand livre de l'histoire du cirque blanc. Mais attention, que les stylos ne traînent pas ! Prompts et lestes, les jeunes insouciants surveillent les moindres faiblesses de leurs aînés. Au moindre faux pas des hommes d'expérience, ce sont eux, les insouciants qui parapheront avec l'histoire et la gloire !

Nous pourrions aussi faire une séparation entre les favoris et les challengeurs, mais là d'autres le font mieux que moi ...

Liste non exhaustive des "expérimentés" Piller Cottrer, Di Centa, Vittoz, Jonnier, Mae, Veerpalu, Sommerfeldt en ski de fond. Bjoerndalen, Hanevold, Sikora, Defrasne, Becaert, Bailly, Medvetseva, Olofsson-Zidec et Wilhelm en biathlon ... sans compter sur le retour de Janne Ahonen en saut à ski ou de Hannu Manninen en combiné nordique !

Liste non exhaustive des "insouciants" : Cologna, Northug, Johaug, Neuner, Brunet, Dorin, M. Fourcade, Landertinger, ...

La chronique du mois de Christophe : Le ridicule ne tue pas les athlètes

La chronique de ChristopheTous les mois, Christophe Sevessand (cliquez ici pour découvrir son nouveau site) prend sa plume. Découvrez aujourd'hui la troisième chronique du fin commentateur des épreuves de ski, de rollerski et de biathlon en France, qui sera à Vancouver en février prochain pour commenter les épreuves de biathlon des Jeux.

Le 5 octobre dernier, à Paris, dans son intervention lors de la présentation des équipes de France de ski, le patron du service des sports de France Télévisions, Daniel Bilalian n'a pas enfilé de gants : "Vous avez intérêt à briller parce que c'est à une heure (l'heure des retransmissions TV des Jeux Olympiques de Vancouver, ndlr) à laquelle on ne passe pas inaperçu surtout si on est mauvais. Si on est bon, ça va. Si on est mauvais ... ... Si vous devez vous planter, vous allez prendre plein pot. Je ne vous mets pas la pression. Sachez-le !"

L'annonce, teinté d'une once de l'humour rigide qui caractérise l'ex-présentateur des journaux de 13h et de 20h a laissé échapper des rires crispés de la salle ... La pression psychologique est déjà là ! Bien avant la neige et les premiers résultats.

Le discours de Bilalian n'est en réalité qu'un transfert de pression. A la base, c'est le groupe France Télévision qui a la pression : celle de diffuser les JO en "Prime Time", de 20h30 à 24h. Stopper la diffusion des programmes actuels, dont les audiences sont connues, pour faire table rase à la retransmission des Jeux Olympiques, dont les spectateurs sont très hypothétiques revient à plonger dans l'inconnu. Et ce plongeon n'est pas le bain préféré des grands groupes surtout à cette période de disette sur les financements publics comme publicitaires.

D'ailleurs, l'audience, est le souci majeur, exprimé dès l'ouverture des propos de Bilalian. Cela prouve qu'en réalité, ceux qui ont peur de se louper, ce ne sont pas les athlètes qui connaissent leurs forces comme leurs limites. Ceux qui ont peur de se planter, ce sont les acteurs de France Télévisions qui seront jugés par l'audimat. Et dans ce monde-là, il n'y a pas de limites ...

Y a t il un risque à diffuser des JO en Prime Time ? Non ! Les Jeux à une heure de grande écoute le soir, ce n'est pas une nouveauté : Los Angeles en 84, Atlanta en 96, Salt Lake en 2002 étaient en "prime".

Non et non. Hors considération des missions de service public, si France Télévisions ne croyait pas en les Jeux Olympiques, ils n'investiraient pas des millions dans les droits TV.

Non, non et non. On le sait, quelque soit le résultat, les Jeux Olympiques sont une aventure extraordinaire. Et l'aspect hors norme des Jeux fait que nos sportifs français (et françaises, bien sûr) se transcendent. Nous ont-ils déçus par le passé ? Fabrice Guy et les filles du biathlon à Albertville en 92, les relais biathlon à Lillehammer en 94, les combinés par équipe à Nagano en 98, les biathlètes et les fondeurs à Salt Lake City en 2002, Roddy, Florence, Vincent, Jason à Turin il y a 4 ans bientôt ... Pour ne citer qu'eux dans la grande famille du nordique.

Non, le "prime time" doit au contraire être un booster, une motivation supplémentaire pour se montrer, briller et s'afficher. Il n'y a pas de quoi en faire une maladie alors que les télévisions allemandes, autrichiennes, norvégiennes et autre s'en délectent.

France Télévisions peut dormir tranquille. Les Bleus n'iront pas à Vancouver pour admirer l'océan Pacifique et les montagnes enneigées. Dans chaque compétition, une équipe de guerriers partira le couteau entre les dents pour s'emparer de l'or de la banque ! Ils répondront présents et rapporteront des médailles ... s'il le faut. Car dans le texte, l'essentiel, c'est de participer !

La chronique du mois de Christophe : La percée des Teams

La chronique de ChristopheTous les mois, Christophe Sevessand (cliquez ici pour découvrir son nouveau site) prend sa plume. Découvrez aujourd'hui la deuxième chronique du fin commentateur des épreuves de ski, de rollerski et de biathlon en France, qui sera à Vancouver en février prochain pour commenter les épreuves de biathlon des Jeux.

Endormis durant tout l'été, les paddocks du ski de fond vont bientôt éclore de dizaines de tentes multicolores. Cet hiver les traditionnelles équipes régionales risquent d'avoir de nouveaux voisins : les structures régionales senior élites posent leurs tentes à côté de celles des comités régionaux. Par un anglicisme réducteur, on les appelle « team ». Mais le mot effraie car il renvoie à une notion de partenaires privés échappant au séculaire contrôle fédéral des organismes associatifs : fédération-comité régional-club. Ce mot fait aussi ressurgir un conflit qui a figé des positions dans le microcosme d’un certain massif régional. Le « team » incite à la méfiance car pour l'instant, il est encore perçu comme en dehors du système, en dehors d'un mouvement sportif.

Au-delà du débat « pour » ou « contre », revenons aux fondamentaux. Qu'est-ce qui rend vivant le ski de fond ? Son spectacle, ses athlètes, ses partenaires, son ambiance, ... Pour que ça bouillonne dans le chaudron, il faut mélanger les ingrédients et maintenir le feu. En ce sens, le ski de fond a besoin d’initiatives (aussi audacieuses soient-elles). Le ski de fond a besoin d’émulation. Non seulement entre les coureurs mais aussi entre les structures, organisateurs, partenaires, etc. et à tous les niveaux !

Pour avoir fréquenté d’autres paddocks dans lesquels les « teams » sont légion et tradition, nous ne pouvons que constater que dans ce sport, les Français n’ont pas quitté les podiums internationaux depuis l’apparition de cette spécialité dans le milieu des années 80. Le V.T.T. a su cultiver ses "teams" même si au sein de la fédération de tutelle et de ses clubs, la gestion de ces équipes privées (dans le sens où elles n'émanent pas de clubs) n’a pas toujours été facile !

Loin de moi l’idée de donner la leçon aux fondeurs mais si le team était une composante de l’avenir de la discipline ? A l’heure où l’on parle de réduire encore les effectifs des équipes et sélections nationales n'y aurait-il pas une issue de soutien à l'élite via ces équipes hors cadre fédéral ? Si à cet instant où le fond français est le plus compétitif de toute son histoire ces teams apportaient encore plus de compétitivité à nos coureurs ? Si ces teams pouvaient permettre à des coureurs de progresser pour déboucher sur le devant de la scène par un circuit parallèle à celui des sélections nationales ? Si seulement !